Exposition permanente Galerie Catherine Memmi

Il y a une forme d’obstination à faire de la peinture dite abstraite ou non-figurative : « un rêve de la volonté  » (G.Bachelard). Prolongement physique de sa propre réalité le tableau témoigne de cet instant définitivement présent et désigne le peintre comme le sujet même de sa peinture. Il peint le même tableau, fait et refait les mêmes gestes dans d’incessants allers et retours. Narcisse et Sisyphe sont ici convoqués. Je peins. Le désir de peindre c’est le travail sur le temps dans un espace déterminé (le carré, le rectangle) et la résurgence de références profondes (Mark Rothko, Robert Newman, Robert Motherwell, Ad Reinhardt… Piero della Francesca… Claude Monet, Édouard Manet, Jean Fautrier, Jean-Pierre Pincemin).

Dans l’acte de peindre « j’abandonne tout ce qui relève du seul savoir-faire » (D. Thiolat) : j’oublie la peinture. Faire et défaire, surcharges, oublis, repentirs, effacements, le tableau prend forme jusqu’à l’épuisement des moyens mis en jeu : il  est achevé lorsque l’idée de celui-ci est épuisée. Pour mieux recommencer…

« Un tableau est essentiellement une surface plane de couleurs en un certain ordre assemblées » Maurice Denis.